jeudi 7 août 2014

Aymen Hacen, un idiot inutile




Biarritz au mois d’août… Inspiré par la vacuité, j’ai ouvert un compte Facebook sous un pseudonyme.
Une fois sur le réseau social, pour me divertir j’ai fait tourner en bourrique un Tunisien, un dénommé Aymen Hacen, aussi exalté que je suis apathique, qui étale ses titres universitaires et délivre des messages humanistes. Une proie facile, c'est vrai. Cette Conscience fait croire qu’il combat l’islamisme. Causeur a recruté ce Camus en babouches — malgré ses difficultés à atteindre une écriture claire, malgré ses affabulations, malgré ses rodomontades infantiles. Quand ses employeurs exhortent Aymen Hacen à dire du mal de Tariq Ramadan — ou d'autres musulmans pas gentils — il s'exécute. Jadis, on appelait ce genre de larbin intellectuel qui se met au service d'une idéologie un «idiot utile». Sauf que, en l'occurrence, Haymen Hacen est inutile puisque Élisabeth Lévy emploie déjà un harki, Daoud Boughezala, chargé de défendre l'esprit islamophobe de Causeur. 
Ce fut un plaisir de trouver ce genre de spécimen sur Facebook. Cela me rappelait mes années de lycée. J’avais toujours, par ennui, à emmerder un bien-pensant de service prêt à sauver les hommes d’un danger imminent. Dans le cas de ce jeune musulman honteux, je reconnais avoir été cruel. Fâché avec l’ironie et l’humour, il répondait à mes remarques par des insultes et des menaces et se plaignit même dans Causeur que je lui faisais bien des misères. On eût dit Iznogoud dans ses heures de déboires — d’ailleurs Aymen Hacen lui ressemble un peu. Quand un ami commun, Roland Jaccard, m’a demandé grâce pour lui, j’ai cessé de le taquiner. Je pense néanmoins que l’on n’abuse jamais de sarcasmes destinés aux gros-plein-de moraline.