samedi 22 juillet 2017

Tractatus logico-biologicus


 Bref éloge de Vitalium, Valentine !, le film de notre ami Jean-Charles Fitoussi (clic)

jeudi 13 juillet 2017

Marie Fontaine et le Dr Stein


© Jean-Charles Fitoussi
Avril 2015
Après ces 24 heures à Paris, La Schiffterina et moi avons passé les derniers dix jours d’avril à Grignan pour les besoins du film de Jean-Charles Fitoussi Cavatine — Vitalium, Valentine ! titre du format 60mn (clic). Nous étions logés dans un gîte campagnard constitué de petits mas séparés les uns des autres de quelques dizaines de mètres et sans vis-à-vis. Ainsi le matin et le soir, après le tournage qui s’effectuait au château, nous pouvions jouir d’une intimité bien méritée. Malgré l’amabilité des personnes de l’équipe, les techniciens et les acteurs, le travail, avec ces longs moments d’attente, les recommencements de prises, les problèmes de lumière et de son, finissait par épuiser mes nerfs et mon seuil de tolérance à la vie sociale. Le personnage que j’incarne est présent dans chaque séquence ou presque. Je ne savais jamais un jour à l’avance les textes que j’avais à dire. Jean-Charles les écrivait le matin même et ne me les confiait que quelques minutes avant de tourner. Il m’est impossible de passer du fil ordinaire de la vie à la vie jouée sur un claquement de clap avec l’aisance de l’acteur professionnel. Je cafouille pas mal. Durant des heures, on m’observe à travers un objectif et on me regarde interpréter un rôle. Je ne suis pas assez narcissique, ou peut-être le suis-je trop, pour aimer être au centre d’une attention technique et esthétique. Bizarrement, tous ceux qui supportent mes bafouillis, mes maladresses, mes trous de mémoire, trouvent que je m’en tire bien. La Schiffterina, qui joue aussi dans le film Marie Fontaine, la restauratrice du château, mais avec moins de texte, me dit que ce n’est même pas une composition pour moi tant les propos cyniques que mon personnage, le Dr William Stein, arrière petit-fils du Dr Victor Frankenstein, tient sur le monde et les hommes pourraient être les miens.
© Journées Perdues
à paraître aux éditions SÉGUIER, octobre 2017

samedi 8 juillet 2017

Le retour du Dr William Stein


© Jean-Charles Fitoussi

Décidé à changer de vie, le comte de Servadac fait don à la médecine avant-gardiste de William Stein (arrière-petit-fils de Victor Frankenstein) de chacun des membres de sa famille dûment empoisonnés à cet effet ainsi que de son château et son personnel. Une occasion pour Stein de procéder à la première greffe de neurones artificiels sur des cadavres humains. Les anciens occupants du château des siècles précédents se mettent à revivre dans la Drôme contemporaine. Ou quand le délirant défie le terrifiant.

Un film de Jean-Charles Fitoussi 
avec Frédéric Schiffter, Françoise Forget, Guillaume Leingre, Serge Reboul, Jacqueline Queneau, Guillaume Gallienne, Xavier Bonnet, Valentine Bois, Christelle Piccarreta, Emmanuel Lefaufre, David Brouzet.  

Fiction - France 2016 - 59 et 115 minutes

samedi 17 juin 2017

mardi 6 juin 2017

Supériorité de l'ennui — 22


Les habitués de ma page doivent se demander pourquoi je n’y ai rien publié depuis plusieurs semaines. Ce n’est pas tout à fait le cas. J’y ai affiché des «comics retournés» de Gabriela Manzoni qui fut jadis mon élève et sur qui j’ai, dit-elle, exercé une influence dont elle ignore si elle fut bonne ou mauvaise… Le lecteur se fera une opinion en achetant son album paru chez Séguier (clic). Maintenant, je ne suis pas resté tout ce temps improductif. M’ayant pris au mot quand j’évoque la supériorité de l’ennui — sa fécondité en matière de méditation — des éditeurs, des directeurs de magazine et de revue m’ont passé commande de textes. J’ai dû m’atteler pour Philosophie Magazine à deux articles. L’un, érudit, est consacré à Gaston Lagaffe, l’autre, direct, vise le snobisme du brumeux chez les philosophes comme chez leurs lecteurs. Pour les Cahiers dessinés, dirigés par Frédéric Pajak, j’ai rédigé l’éloge de Micaël en guise de préface de son prochain ouvrage — à paraître en octobre prochain. D’autres tâches de ce type m’ont été confiées. Je les honorerai avec plaisir. Je vois dans l’écriture de textes brefs une façon de composer mes Parerga et Paralipomena personnels. Mon opus magnum sera pour une autre vie.    

mardi 9 mai 2017

Otium cum litteris — III



J’ai reçu la revue Grand Trouble conçue et publiée aux Cahiers dessinés par mon ami Frédéric Pajak. On y découvre ou retrouve des photographes, des peintres, des dessinateurs qui font partie de sa bande ou de son club de cœur. On y lira le passionnant entretien donné par le cinéaste Habbas Fahdel — auteur du film Homeland-Irak, année zéro. On s’arrêtera aussi sur des articles aux thèmes variés. Pajak signe un pamphlet contre le snobisme moderniste de la fin de la peinture, Michel Thévoz évoque les liens qui relient l’art, l’argent et la mort, Patrick Declerck fait l’éloge des clochards, Philippe Garnier se livre à une phénoménologie du bâillement, Matthieu Gounelle conte la mélancolie des météorites, Delfeil de Ton met en scène les clowns Palomar et Zigomar, Jacques Roman se rappelle les paires de chaussures de sa vie, Julie Bouvard rend hommage à Gogol, Jean-Paul Demoule se demande si nos déchets actuels ne seront pas des trésors demain, Jean-Baptiste Harang explicite le mot «trouble», Christophe Diard parle de l’exil de Gombrowitz, Michael Stokes disserte sur l’assourdissement, Jacques Vallet présente le peintre torturé Uroch Tochkovitch. Quant à moi, je confesse ma nostalgie de l’âge d’or de la soumission — de ce temps où les arabo-musulmans civilisaient le monde occidental judéo-chrétien. Grand Trouble se présente comme une publication de belle facture, très intellectuelle, très artistique, très raffinée. On peut l’acheter en librairie ou à l’occasion du vernissage public qui aura lieu le 11 mai à la Halle Saint-Pierre — 2, rue Ronsard à Paris dans le 18e arrondissement. L’exposition des œuvres originales, photographies, dessins et tableaux, durera jusqu’au 30 juillet 2017. (CLIC)